Correspondance unitarienne

2003/10/29

feuille d’information de la Fraternité unitarienne de Bordeaux, unitariens@wanadoo.frcontact : J.-C. Barbier, résid. « Les Saules », bât. C1, av. du Ma Juin, 33170 Gradignan, tél./ fax 05 56 89 62 35Faites connaître notre page htpp://prolib.net/unit/correspondance.unitarienne.htm (hébergé par le site "Profils de liberté")

n°25 - novembre 2003

Afin d’annoncer la sortie de notre « Hommage à Michel Servet » (Théolib n°24)

ce bulletin est adressé à des personnes extérieures au réseau. Information en p.3 « La communion dans les Eglises protestantes est ouverte à tous.

Si les catholiques ne veulent pas la donner, qu’ils la gardent »

Jean-François Collange,

professeur à la Faculté de théologie protestante de Strasbourg,

récemment élu président du directoire de l’Eglise de la confession d’Ausbourg en Alsace et Lorraine (ECCAAL), Evangile et Liberté, n° 168, juillet-août 2003

Lettre à mes ami(e)s du protestantisme libéral

Jean-Claude Barbier, animateur du réseau « Correspondance unitarienne », le 7 octobre 2003

La Fédération des réseaux du Parvis réunit une quarantaine d’associations et de réseaux catholiques nés pour la plupart après le Concile Vatican II, pour en défendre l’esprit, et à la suite de l’affaire Gaillot qui, pour beaucoup, a signifié un coup d’arrêt à l’expression catholique libre et responsable et l’affirmation abusive d’une Eglise trop cléricale et trop centralisée. D’autres groupes thématiques (pour la laïcité, pour la promotion des femmes au sein des Eglises, pour l’accueil des homosexuels, etc.) ou locaux s’y sont joints. Chaque mouvement conserve sa spécificité, dispose d’un bulletin et parfois d’un site pour les plus importants d’entre eux. Au niveau de la Fédération : un site (« www.reseaux-parvis.free.fr ») et un bulletin trimestriel de qualité « Les réseaux des parvis » (68, rue de Babylone, 75007 Paris). En sous titre, la Fédération arbore la devise suivante : chrétiens en liberté pour d'autres visages d'Église. Ces nouveaux catholiques se disent volontiers « réformateurs » au sens protestant du terme (voir l’article de Jean Huez, de l’association « Croyants en liberté Sarthe », novembre 1999).

La Fédération organise un grand rassemblement, le week-end du 22 au 23 novembre, à Aix-en-Provence (que nous avons déjà annoncé dans notre dernier bulletin n°24). Elle tiendra son assemblée générale le samedi matin, puis proposera des carrefours de discussion dans l’après-midi, pour terminer le soir sur une soirée festive avec concerts, etc. Le dimanche matin, une célébration chrétienne avec lecture du dernier repas pascal de Jésus. Dès lors, si nous répondons à cette invitation, la manifestation peut amorcer une dynamique œcuménique non négligeable et annoncer, pour les années à venir, ce que nos voisins Allemands ont réussi à faire en juin dernier à Berlin avec le Kirchentag (voir l’édito de Christian Mazel et l’article de Jean-Jacques Maison dans Evangile et Liberté n° 168, juillet-août 2003).

Mieux, cette mouvance catholique ne se contente plus de faire entendre une voix de « gauche » (plus d’engagement de la part de la hiérarchie, plus de démocratie à l’intérieur de l’Eglise, plus d’adaptation au monde moderne, etc., comme le fit si bien en son temps Témoignage chrétien), mais elle traite, aussi, de plus en plus de questions théologiques fondamentales et rejoint, par là, les positions du protestantisme libéral : l’intérêt pour le christianisme primitif et le Jésus historique, le rappel de l’élaboration historique des dogmes, un désir œcuménique sans les contorsions du Vatican, la promotion des laïcs et des femmes au sein d’une Eglise débarrassée de son cléricalisme, une communion chrétienne retrouvant sa jeunesse primitive sans les lourdeurs pseudo-théologiques des uns et des autres, etc. Je dirais même que les articles publiés dans le bulletin de la Fédération sont parfois plus en pointe que ceux qu’on trouvent dans des journaux protestants ! (voir par exemple dans notre bulletin n°3 la reproduction d’un article du théologien italien Franco Barbero « Pour une Eglise de la convivialité des différences »).

Dès lors, la rencontre entre nos divers milieux confessionnels - catholiques « réformateurs », protestants libéraux et chrétiens unitariens - peut s’avérer, à terme, constitutive d’un pôle chrétien moderne, fonctionnant en réseau, échangeant les informations, faisant circuler les articles les plus importants, promouvant les moyens modernes de communication (presse, sites internet, lieux d’édition, etc.), mettant en commun ses réseaux de correspondants dans les pays francophones et à l’étranger, s’invitant mutuellement lors de ses activités, célébrant ensemble la communion que Jésus institua, respectant le baptême déjà donné, n’hésitant pas à donner d’une façon trans-confessionnelle les bénédictions qui accompagnent les moments de la vie (le mariage, les enterrements, etc.), utilisant les compétences des uns et des autres, etc. Et surtout, sans oublier de vivre en relation fraternelle selon le « premier commandement » de Jésus. J’y ajouterais volontiers une perspective mondiale dès lors que les chrétiens seront minoritaires dans le monde à venir : la contribution du christianisme à une Humanité universelle, civique, écologique et fraternelle.

Cet enjeu va donc bien au-delà d’une simple invite de courtoisie. Il nous faut d’abord nous rencontrer, échanger, nous estimer les uns et les autres, découvrir nos points communs et nos spécificités, nos charismes selon la belle expression de Paul, accepter de nous mettre en osmose (mais sans nous diluer !). Il nous faut pour cela du temps, des déplacements, de la patience et de la persévérance, et savoir ne pas s’attarder aux rugosités qu’on rencontre parfois chez certaines fortes personnalités. En tout cas, avec la déchristianisation en cours nous avons tout à gagner et rien à perdre : les bateaux des uns et des autres seront vite balayés s’ils ne sont pas ancrés dans un port bien solide.

Les mouvances protestantes libérales et chrétiennes unitariennes apportent une dimension francophone plus large que l’assise actuelle de la Fédération des réseaux du parvis. Nous aurons à le dire au niveau de notre rencontre car les cadres nationaux sont aujourd’hui de moins en moins pertinents. Dans un monde en relation, ce sont les langues et non plus les Etats qui facilitent les communications et délimitent les aires d’action immédiate.

Cette lettre est adressée à tous les mouvements, sans exclusive, du protestantisme libéral et du christianisme unitarien, de langue française. Je vous prie de me faire savoir s’il y a eu oubli de tel ou tel mouvement. J’adresse aussi ce courrier aux membres du réseau « Correspondance unitarienne » qui sont de tradition chrétienne. Vous pouvez bien entendu diffuser cette lettre autour de vous. Pour ceux qui peuvent se rendre à Aix-en-Provence et participer aux carrefours du samedi après-midi, vous pouvez contacter Pierre Castaner, si possible directement par messagerie électronique ( Esta dirección electrónica esta protegida contra spam bots. Necesita activar JavaScript para visualizarla ) ou par voie postale (Café « Courant d’air », 45, rue Coutellerie, 13002 Marseille). Pour ceux qui ne sont pas trop éloignés de Marseille, le passage au café associatif de Pierre vaut le détour. Je recommande ses soirées de partage spirituelle qui sont d’un grand bonheur. Beaucoup de jeunes, souvent agnostiques ou en recherche spirituelle, fréquentent ce lieu convivial.

Je reste à votre disposition pour toute information complémentaire dont vous pourriez avoir besoin et je vous assure de mes sentiments les plus fraternels.

P.S. le pasteur Christian Mazel représentera officiellement l’association « Evangile et Liberté » à ces journées ;

nous lui avons demandé de bien vouloir représenter aussi notre réseau « Correspondance unitarienne ».

Informations

notre réseau contribue à l’agenda du site « Profils de Libertés » (www.prolib.net)

vous y trouverez de nombreux rendez-vous

Œcuménisme à Berlin : "Un jour dans tes parvis vaut mieux que mille jours ailleurs" (Ps 84: 11).

Tous les deux ans, en Allemagne, les autorités des Eglises, des théologiens, des universitaires de renom, mais en même temps toute sorte de mouvements, de communautés, d'associations et de groupes chrétiens sont invités et mobilisés pour le Kirchentag protestant ou le Katholikentag. C'est ainsi que du 28 mai au 1er juin 2003, à Berlin, les chrétiens allemands se sont mobilisés - et pour la première fois catholiques et protestants tous ensemble : quelques 200 000 participants pour des carrefours, des conférences, des concerts, 3 200 stands, etc., 100 000 personnes pour le culte final (malheureusement sans communion pour ne pas entraîner les foudres de l'évêque catholique de Berlin) . Toutefois, lors de ces rencontres de Berlin, en marge des manifestations officielles, il y eut deux prêtres, soutenus par le Mouvement catholique "Wir sind Kirche", qui ont bravé l'interdiction de l'hospitalité eucharistique émise récemment par le Vatican en préparant avec un pasteur protestant deux services où l'hospitalité eucharistique était expressement offerte ; les liturgies avaient leur spécificité confessionnelle, mais tous étaient invités. Ils ont été rapidement sanctionnés. Dans un quartier populaire, Mgr Jacques Gaillot participa à un "repas cultuel de la solidarité" avec les gens de la rue. (lire le c.r. de cette grande rencontre par Jean-Jacques Maison, Evangile et Liberté, juillet-août 2003, n°168, pp. 4-5).

Colloque de Théolib

Samedi 15 novembre, à 14h 30, 14ème colloque Théolib sur le thème « Croire malgré les croyances » ; communi-cations de Didier Fougeras, André Gounelle, Pierre-Yves Ruff, etc., APLT (Paris), information : www.theolib.com,

Unitariens-Universalistes en Europe

du vendredi 31 octobre au dimanche 2 novembre (week-end de la Toussaint), les unitariens universalistes européens organisent une retraite spirituelle avec le révérend américain Mark Belletini à Oberwesel en Allemagne (à l’ouest de Mayence), en anglais, contact : John Eichrodt, Esta dirección electrónica esta protegida contra spam bots. Necesita activar JavaScript para visualizarla .

L’année Michel Servet voir agenda www.prolib.net

Manifestations à Genève (23-27 octobre), à Saragosse en Espagne (24-28 octobre), à Paris (25 octobre, à l’initiative de l’AUU-PIDF), à Calgary au Canada (26 octobre), à Szeged en Hongrie (3 novembre), et à Paris (11-13 décembre)

Error! Unknown switch argument. samedi 25 octobre, à 14h 45, à la Bibliothèque nationale de France François Mitterrand (Porte 4, angle du commissariat et de l’avenue de France, Prévoir une pièce d’identité, Métro « Quai de la Gare »), Cérémonie commémorative du 450ème anniversaire de la mort de Michel Servet, organisée par l’Association unitarienne-universaliste de Paris - Île de France.

Visite privée de la Bibliothèque nationale, suivie à 17h d’un dépôt d’une gerbe au pied de la statue de Michel Servet (place de l’aspirant Dunant, en face de la Mairie du XIVème), puis d’un repas libanais (chez Marguerite Britton, 8 euros de participation). Contact : Bettina Lande, tél. 01 34 15 67 84, Esta dirección electrónica esta protegida contra spam bots. Necesita activar JavaScript para visualizarla

En collaboration avec le réseau « Correspondance unitarienne », Théolib (« revue trimestrielle du libéralisme théologique ») rend « Hommage à Michel Servet » dans son n° 24, soit une soixantaine de pages, sortie imminente

- un éditorial signé Pierre-Yves Ruff, « Quand Calvin brûlait les hérétiques »

- « unitarien ou pluritarien ?" par Pierre-Yves Ruff

- « Plus d’un siècle avant : Jean Hus et le mouvement hussite », par Jean Georgelin

- « Vie et mort d’un libre croyant », par Albert Blanchard-Gaillard

- « Mateo Gribaldi à Farges », par Roger Sauter

- « L’exécution de Jacques Gruet à Genève », par Roger Sauter

- « Peut-on expier la mort de Michel Servet ? La stèle de Genève et les monuments concurrents (1903 -1911) » par Valentine Zuber

- « Michel Servet et nous », par Albert Blanchard-Gaillard

- « Qui sont les héritiers spirituels de Michel Servet ? » par Jean-Claude Barbier

Le réseau « Correspondance unitarienne » a été à l’origine de ce projet et les textes ont été réunis par J.-C. Barbier. Ce numéro, à tonalité historique (sont historiens Albert Blanchard-Gaillard, Jean Georgelin et Valentine Zuber), invite aussi à une réflexion sur la valeur contemporaine d’une référence à l’œuvre de Michel Servet. Rappelons que le 450ème anniversaire de son martyr a donné lieu à de nombreuses commémorations et colloques dans plusieurs pays (Canada, Espagne, France, Grande-Bretagne, Hongrie, Suisse, etc.). Voir pour cela les informations données par nos bulletins ou dans l’agenda du site « Profils de libertés » (www.prolib.net), ainsi que le site www.servetus.org

Nous vous invitons à commander ce numéro dans les meilleurs délais car le tirage est limité. Pensez que vous pouvez en donner ou en vendre autour de vous, à l’occasion de réunions, etc. Le prix du n° est de 6,10 euros. Règlement par chèque, mandat ou virement à l’ordre de « SPLT », c/o P.-Y. Ruff, appt 441, 27 rue Thibouméry, 75015 Paris, tél. 01 56 56 86 41, ré Esta dirección electrónica esta protegida contra spam bots. Necesita activar JavaScript para visualizarla , www.theolib.com . Pour la Belgique, adresser tout règlement à M. Jean-Joseph Huge, Barre Saint-Brice 14, 7500 Tournai. CCP : 000-0618440-65

En consultant le site de Théolib (www.theolib..com) vous pouvez vous faire une idée sur la bonne qualité de cette revue, si vous ne la connaissez pas encore.

Nous vous remercions pour votre soutien et vos efforts pour la diffusion de ce document.

Bibliographie

La Revue de Théologie et de Philosophie (RTPh) de Lausanne, trimestrielle,

dispose d’une excellente rubrique de recension de livres.

Si vous avez un c.r. à publier vous pouvez adresser votre texte à J.-C. Barbier qui transmettra.

Au temps de la Réforme

PIQUE Nicolas et WATERLOT Ghislain, (textes réunis par ), 1999 - Tolérance et Réforme, éléments pour une généalogie du concept de tolérance. Paris, L'Harmattan, 208 p., 120 F

("La Philosophie en commun", Groupe de travail sur la question théologico-politique et la tolérance du Centre d’études en rhétorique, philosophie et histoire des idées de l’Humanisme aux Lumières - CERPHI, www.cerphi.net/).

L'ouvrage contient les articles de Hubert BOST, Isabelle BOUVIGNIES, Pierre-François MOREAU, Nicolas PIQUÉ, Julie SAADA-GENDRON, Mario TURCHETTI, Ghislain WATERLOT.

Revendiquée, louée, magnifiée par certains ; suspectée, moquée, méprisée par d'autres, la tolérance est devenue un funeste repaire d'équivoques. Aussi nous a-t-il semblé nécessaire de poser à nouveaux frais la question première : qu'est-ce que la tolérance ? Une telle entreprise renvoie immédiatement à la dimension historique, indispensable pour penser clairement la tolérance. Ce livre se présente donc comme un effort pour apporter les premiers éléments d'une réponse, dans une perspective généalogique. L'angle retenu est celui du rapport entre tolérance et Réforme aux XVIe et XVIIe siècles. Certes, la Réforme à elle seule n'a pas fait naître l'exigence de tolérance, mais quelque chose d'essentiel se joue en son surgissement et son affirmation.

BLANCHARD-GAILLARD Albert, 2003 - "Socinianisme historique et socinianisme imaginaire",

Fragments, n° 2, avril, « Le socinianisme. Christianisme légitime ou hérésie ? »

(Marseille, bulletin franc-maçon d'une loge de rite Memphis-Ephraïm).

Reprenant les études de l’historien E. O. Wilber, l’auteur démontre le caractère mythique du fameux synode de Vicence en 1546 où tous les grands anti-trinitaires du XVIème siècle se seraient réunis (alors que la rencontre de Venise en 1550, quant à elle, a bel et bien existée). De même, il réduit à néant l’histoire fantaisiste d’une loge maçonnique italienne qui se prétend héritière de sociniens qui auraient été actifs à Venise en 1788. D’où l’expression de socinianisme « imaginaire ». Nous saluons le travail de notre ami historien, président d’honneur de l’AFCU.

NEFONTAINE Luc, 2003 - « Le protestantisme - chefs pour comprendre »,

Notre Histoire, n° 214, octobre 2003, pp. 43-52

Travail de vulgarisation bien documenté et utile pour avoir une vue d’ensemble de protestantisme. Nous avons cependant proposé à la revue un complément d’information, à l’intention de ses lecteurs, concernant la Réforme radicale, à notre avis insuffisamment évoquée, et l’unitarisme, non mentionné dans l’article alors qu’une bonne partie de la mouvance unitarienne, à commencer par nos Eglises historiques, demeurent encore dans le giron du protestantisme.

Libres propos

en faveur des Témoins de Jéhovah

« Quelqu’un m’a remis un exemplaire du numéro de Réveillez-vous ! du 22 juin 2002, dans lequel figurait l’article « Un règne de tolérance en période d’intolérance ». Sachant que j’étais unitarien, cette personne a pensé que l’article m’intéresserait. Elle avait raison. Je suis allé à l’université aux Etats-Unis où j’ai fait la connaissance de l’historien Earl Wilbur (cité dans l’article). J’ai également assisté à de nombreux cours magistraux sur l’histoire des unitariens. Jamais cependant je n’aurais réussi à écrire un article aussi complet que le vôtre » M.M., un unitarien tchèque (Réveillez-vous ! 8 juillet 2003).

Effectivement les Témoins de Jéhovah ont publié de très bons articles sur l’anti-trinitarisme au XVIème siècle :

1988 – « Les sociniens, pourquoi n’acceptaient-ils pas la Trinité ? », Réveillez-vous !, 22 novembre, pp. 19-22.

2000 – « Les ‘Frères polonais’, pourquoi furent-ils persécutés ? », La Tour de garde, 1er janvier, p. 21

2002 – « Un règne de tolérance en période d’intolérance ; la Transylvanie au milieu du XVIème siècle », Réveillez-vous ! (mensuel des Témoins de Jéhovah), 22 juin 2002, pp. 11-14 (reproduit dans Approches unitariennes, n°51, automne 2002, pp. 9-12).